Dispositif mis en place

Confinement généralisé : poursuivre nos efforts pour surmonter la 3e vague de l’épidémie de covid 19

 
 
Confinement généralisé : poursuivre nos efforts pour surmonter la 3e vague de l’épidémie de covid 19

Depuis le début de l’année, Mayotte affronte la vague épidémique la plus brutale et la plus sévère que le territoire ait connu depuis le début de la crise sanitaire.

En l’espace d’un mois, la poussée épidémique a été très forte. Le taux d’incidence est passé de 51 cas pour 100 000 habitants au 31 décembre 2020 à plus de 850 au cours de la deuxième semaine de février. Le taux de positivité est passé de 7 à 30 %. Plus de 10 000 personnes ont été testées positives depuis le 1er janvier, contre 2 603 du 15 mars au 30 juin 2020. 47 personnes sont décédées depuis le 1er janvier, dont 42 depuis le 1er février, tandis que la première vague avait fait 36 victimes, en trois mois et demi.

Jean-François COLOMBET, Préfet de Mayotte, Délégué du Gouvernement, a pris une série de mesures pour freiner la propagation très rapide du variant sud-africain :

✔    Le transport de voyageurs depuis l’étranger a été suspendu les 14 et 17 janvier 2021, mesure toujours en vigueur.

✔     Le 21 janvier, un couvre-feu a été décrété sur l’ensemble du territoire de 18 heures à 4 heures.

✔    Le 23 janvier, des moyens exceptionnels de protection des frontières ont été déployés.

✔    Le 27 janvier, les communes de Bouéni, de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi ont été confinées et leurs établissements scolaires fermés.

✔    Depuis 1er février, les lieux de cultes ne sont plus autorisés à recevoir du public et les marchés sont interdits, sauf dérogation en cas de validation d’un protocole sanitaire.

✔    Le 5 février, à la demande du Préfet de Mayotte et de la Directrice générale de l’ARSAgence Régionale de Santé, le Gouvernement a autorisé le Préfet de Mayotte à placer l’ensemble du département en confinement généralisé et à fermer les établissements scolaires.

Depuis le 5 février, les forces de sécurité intérieure ont contrôlé plus de 31 000 piétons et de 25 000véhicules. A ce jour, 2 876 verbalisations ont été prises, pour non-respect du confinement, du port du masque ou de l’interdiction de rassemblement.

Les mesures de confinement localisé puis généralisé ont permis d’interrompre la dynamique de cette troisième vague. Depuis le 5 février, la situation épidémique s’est en effet stabilisée, à un niveau élevé, avec un taux d’incidence supérieur à 800 et un taux de positivité proche de 30%). La circulation du virus marque des premiers signes d’essoufflement.

Au Centre hospitalier de Mayotte, la situation reste très préoccupante. Les capacités de réanimations, ont été doublées grâce à l’engagement du service de réanimation du CHM et aux renforts apportés par le module de réanimation du service de santé des armées et la réserve sanitaire. Près de 80 patients de réanimation ont été évacués à La Réunion. Pour autant, la tension sur le service de réanimation reste très forte, en raison du nombre important de formes graves de la maladie.

La mesure de confinement a freiné la progression de l’épidémie, mais ne produit pas encore d’effets sur les prises en charge hospitalières. Il faut donc poursuivre nos efforts. Après avoir consulté les élus et les forces vives du territoire et après avoir échangé très régulièrement avec le Ministre des Outre-mer et le Gouvernement,          Jean-François COLOMBET, Préfet de Mayotte, Délégué du Gouvernement, a proposé la poursuite du confinement jusqu’au 12 mars 2021 inclus :

  • les établissements scolaires restent fermés et le Recteur poursuit son plan de continuité pédagogique, adapté aux moyens des élèves ;
  • les guichets des services publics restent fermés, hormis les services de santé, les brigades de gendarmerie et le commissariat de police ;
  • l’activité du secteur des travaux publics se poursuit ;
  • les établissements recevant du public restent fermés hormis les commerces de denrées alimentaires, les restaurants uniquement pour la vente à emporter et les livraisons, les pharmacies et les services essentiels (banques, poste) ;
  • les personnes se déplaçant à titre dérogatoire devront être munies d’une attestation de déplacement ou d’un justificatif de leur employeur ;
  • la barge entre Grande Terre et Petite Terre continuera de circuler avec des horaires adaptés.

Le Gouvernement poursuit sa mobilisation pour soutenir Mayotte face à cette crise :

  • En complément des 65 personnels soignants de la réserve sanitaire et du service de santé des armées, la sécurité civile a déployé 35 effectifs supplémentaires, médecins, pharmacien, infirmiers, auxiliaires de soins, portant ainsi à une centaine le nombre de professionnels venus en renfort au profit du CHM. L’arrivée de l’Élément de sécurité civile rapide d’intervention médicale (ESCRIM) à Mayotte, le 24 février, permet l’ouverture d’une unité de soins d’urgence en Petite Terre à compter du 26 février et dégage ainsi des capacités du CHM pour prendre en charge des patients atteints de la covid.
  • Plusieurs communes ont signé la convention relative à la distribution de bons alimentaires exceptionnels financés par l’État aux Mahorais vulnérables dans le contexte de la crise sanitaire.
  • Plus d’une centaine de médiateurs sanitaires ont été formés et seront déployés demain dans 10 des 17 communes. Au plus près de la population mahoraise, ces médiateurs transmettront des messages de prévention sur le respect des gestes barrières et les comportements à adopter en cas de symptômes, de positivité ou de contact avec une personne infectée : où se faire dépister ? Comment s’isoler ? Le recrutement et la formation de plusieurs dizaines d’autres médiateurs sanitaires est en cours en vue d’un déploiement dans l’ensemble des communes.
  • Les moyens exceptionnels de surveillance aérienne des frontières resteront engagés pour lutter contre le nombre très élevé de tentatives d’entrées illégales sur le territoire constaté depuis le début de l’année. L’intervention d’un vecteur de détection aérienne et la mobilisation de l’ensemble des forces de l’État en mer a permis de nettement améliorer la protection des frontières. Depuis le 23 janvier 2021, date d’engagement du vecteur de surveillance aérienne, 84 % des kwassas détectées ont été interceptées ou ont fait demi-tour vers Anjouan, soit un niveau de protection de la frontière supérieur à celui réalisé du 1er au 23 janvier (72 %).
  • Les arrivées depuis des pays étrangers restent interdites pendant la durée du confinement.

Enfin, les déplacements entre Mayotte, La Réunion et la métropole restent interdits, sauf en cas de motif impérieux d'ordre familial, médical ou professionnel. Ils restent soumis à la présentation d’un résultat de test RT-PCR négatif datant de moins de 72 heures avant le départ du vol et à un engagement à effectuer une septaine à l’arrivée et un test RT-PCR 7 jours après l’arrivée. Les voyageurs ayant prévu de voyager de Mayotte vers La Réunion ou la métropole le 3 mars 2021 et au-delà doivent transmettre à la préfecture de Mayotte la nature de leur motif impérieux et les justificatifs de ce motif, au plus tard 6 jours avant le vol. Les voyageurs du 3 mars avaient jusqu’au 25 février pour déposer leur dossier.

✔    Une plateforme en ligne permet de déposer son dossier : https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/motifs-imperieux-mayotte

✔    La liste indicative des motifs impérieux est disponible sur le site internet de la préfecture : https://www.mayotte.gouv.fr/Publications/Motifs-imperieux

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Jean-François COLOMBET, Préfet de Mayotte Délégué du Gouvernement, encourage l’ensemble de la population et des forces vives de Mayotte à poursuivre leurs efforts.

La mobilisation de chacun et chacune d’entre nous permettra de sauver des vies, en poursuivant nos efforts, nous mettrons un terme à la propagation de cette épidémie.

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