Communiqués de presse 2019

CP- Lutte contre la délinquance et l’immigration clandestine Bilan de l’année 2018

 
 
CP- Lutte contre la délinquance et l’immigration clandestine Bilan de l’année 2018

Le plan d’action pour l’avenir de Mayotte mis en œuvre


L’année 2018 s’est caractérisée pour les services de sécurité par la mise en œuvre du plan d’action pour l’avenir de Mayotte.


DOSSIER DE PRESSE

A Dzaoudzi, le 25 janvier 2019

Lutte contre la délinquance et l’immigration clandestine

Bilan de l’année 2018

Le plan d’action pour l’avenir de Mayotte mis en œuvre

L’année 2018 s’est caractérisée pour les services de sécurité par la mise en œuvre du plan d’action pour l’avenir de Mayotte.

Des renforts d’effectifs et de moyens tant pour la gendarmerie que pour la police ont été déployés sur Mayotte avec plus de 150 agents ou militaires supplémentaires (dont un troisième escadron de gendarmerie mobile) et plus de 60 réservistes supplémentaires depuis le 1er janvier 2018 ce qui permet d’atteindre un effectif de plus de 1050 policiers et gendarmes(hors réservistes) sur le terrain quotidiennement, mais également des intercepteurs pour la lutte contre l’immigration clandestine.

De nouvelles structures comme la compagnie départementale d’intervention (CDI), le groupe d’enquête pour la lutte contre l’immigration clandestine (GELIC), la brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ), la brigade de gendarmerie de Koungou ont été créées en 2018.

Le renforcement de la coopération entre les forces de sécurité, les collectivités et les citoyenss’est traduit par la création d’une zone de sécurité prioritaire (ZSP), le déploiement de la police de sécurité du quotidien (PSQ), un doublement des crédits d’intervention en matière de prévention de la délinquance, une augmentation du nombre de médiateurs financés en partie par l’État, et la création d’un comité départemental de prévention de la délinquance.

La lutte contre la délinquance à Mayotte, des résultats confirmés

Au terme de l’année 2018, la tendance à la baisse de la délinquance générale se confirme à -8,8 % soit 8197 de faits constatés contre 8989 sur l’année 2018. Pour le seul quatrième trimestre, la baisse enregistrée est de -7,99 % (-187 faits) par rapport à la même période en 2017 passant de 2339 faits au quatrième trimestre 2017 à 2152 pour le quatrième trimestre 2018.

Cette diminution se traduit notamment par un recul des atteintes volontaires à l’intégrité physique de -7,5 % (-239 faits) sur l’année passant de 3191 en 2017 à 2952 en 2018. Cette baisse se confirme au quatrième trimestre puisqu’elle est de -5,12 % passant de 801 faits sur 2017 à 760 en 2018.

Sur l’année 2018, les victimes de violences intrafamiliales sont en nette diminution dans le département. On recense 50 victimes en moins par rapport à l’année 2017 représentant une baisse de -14,37%. Au quatrième trimestre 2018, les victimes deviolences intrafamiliales sont stables dans le département par rapport à l’année précédente. Elles s’établissent à 104 faits (+3 faits par rapport à 2017).

Concernant les atteintes contre les forces de l’ordre quoique en régression de -17,32 % (-41 faits) sur l’année 2018, elles ont cependant représenté 195 faits d’outrages et de violences et il convient de rappeler leur caractère de plus en plus violent, avec plusieurs tentatives d’homicides recensées en 2018.

S’agissant des atteintes aux biens, elles régressent de -16,3 %% sur l’année 2018 passant de 5397 faits en 2017 à 4518 faits pour l’année 2018. Pour le quatrième trimestre, la baisse s’accélère puisqu’elle est de -19,08% passant de 1399 pour 2017 à 1132 faits pour 2018.

Concernant les cambriolages, leur baisse est de -31,80 % % sur l’année passant de 1316 faits en 2017 à 897 en 2018. Cette baisse s’accélère là encore sur le quatrième trimestre puisqu’elle est de -44,50 % passant de 373 faits en 2017 à 207 faits en 2018.

L’activité judiciaire a légèrement baissé sur l’année 2018 avec une diminution de -5,78 % de mis en cause. Cependant cette baisse est bien moins forte que celle de la délinquance ce qui correspond à une mobilisation importante des services enquêteurs durant cette année. Sur le quatrième trimestre, on observe une baisse de -1,37 % soit 15 personnes en moins mises en cause.

À la fin de l’année 2017, le commissariat avait pris l’initiative de travailler avec les associations de quartier en particulier à Kawéni et des habitants sont devenus acteurs de leur sécurité dans le cadre d’action de participation citoyenne. Ces structures réparties principalement sur le grand Mamoudzou ont évidemment contribué à la diminution de la délinquance, même si on constate un essoufflement de cette mobilisation citoyenne en fin d’année. Le préfet rappelle que ces initiatives locales ne peuvent se substituer aux forces de sécurité.

La reprise de la lutte contre les occupations illégales

Pour ce qui est de la lutte contre l’urbanisme illégal, une quinzaine d’opérations ont été menées en 2018. Au total, 174 bangas ont été détruits depuis la fin de la trêve cyclonique, en avril dernier. Ces opérations sont amenées à se reproduire et à s’intensifier en 2019.

De même, les opérations de destruction de cultures implantées illégalement, qui ont débuté en 2018 avec l’opération à proximité de la forêt départementale de Majimbini ayant eu lieu en décembre au cours de laquelle 6 ha de cultures illégales ont été détruites. Là encore, l’année 2019 verra s’intensifier ces opérations en lien avec le conseil départemental et l’ONFOffice national des forêts.

La montée en puissance de la lutte contre l’immigration clandestine (LIC).

* une activité opérationnelle en hausse en dépit des blocages du premier trimestre et de la suspension officielle des reconduites pendant 8 mois, on observe :

- une augmentation de 17% des interpellations à terre passant de 10 679 en 2017 à 12 487 en 2018 malgré les blocages du début d’année. Le mois de décembre a été particulièrement soutenu, avec 2235 interpellations ;

- une légère hausse de 1% des OQTF prises sur l’année passant de 17 836 en 2017 à 18 018 en 2018.

=> Malgré les difficultés, l’État a réaffirmé sa présence et maintenu la pression sur les filières d’immigration clandestine.

* une baisse contenue des éloignements -24% grâce à :

- une mobilisation très forte des services d’interpellation en particulier sur décembre avec plus de 2400 éloignements

- une reprise progressive des éloignements puis leur normalisation à compter du 6 novembre 2018.

=> Des efforts substantiels ont permis de limiter la baisse des éloignements alors même que les reconduites ont été suspendues officiellement près de huit mois.

* des résultats en retrait en matière d’interceptions en mer :215 kwassas interceptés contre 412 l'année précédente soit une baisse de 48 % expliquée notamment par la faible disponibilité des moyens nautiques, l’indisponibilité des équipages pendant la période de grève, moins de détections radar que les années précédentes et un changement de tactique des passeurs, plus rapides et moins chargés.

L’arrivée de deux nouveaux intercepteurs en novembre 2018 a permis de réaliser un meilleur mois de décembre avec 30 interceptions

=> Une réflexion est engagée sur la LIC mer. La modernisation et le renouvellement des moyens vont permettre de mettre en œuvre des tactiques plus efficaces.

* une activité judiciaire en forte hausse expliquée par :

- le renforcement de la brigade mobile de recherche de la PAFPolice aux frontières notamment sur le travail illégal : doublement des effectifs en 2018, création d’un groupe dédié au travail illégal, plus de 650 000 EUR d'amendes administratives prononcées à l’encontre d’employeurs de travailleurs illégaux.

- la montée en puissance du GELIC depuis octobre :13 affaires en cours, 3 clôturées, 35 000 EUR de produits d’infractions.

Sur le dernier trimestre 2018, 6 démantèlements de filières : d’immigration clandestine (2), de contrebande de produits manufacturés « tabac » (2), de marchands de sommeil (1), travail illégal (1) aux mois d’octobre et novembre.

=> Le travail de fond sur l’écosystème de l’immigration clandestine commence à porter ses fruits.

Perspectives 2019 :

- la consolidation de la LIC par le renforcement de l’approche globale : il est nécessaire de poursuivre les efforts initiés en 2018. Une mobilisation particulière sur les occupations illégales sera renforcée avec entre autre l’extension des pouvoirs accordés au préfet de Mayotte dans le cadre de la loi ELAN.

- le renforcement de la protection des frontières maritimes sera une priorité pour 2019. Il passera par une diversification des moyens et des tactiques : deux nouveaux intercepteurs ont été commandés et seront livrés en 2019 (un à l’été et un en fin d’année). Des expérimentations tactiques (confidentielles) sont en cours et pourraient être généralisées.

- un effort particulier sur les migrants en provenance d’Afrique des Grands Lacs est nécessaire : 219 demandes d’asile issues des grands lacs supplémentaires ont été enregistrées en 2018 par rapport à 2017. Sur 839 demandes d’asile en 2018, 511 concernaient ces ressortissants. Les services de l’État, qu’ils soient d’enquête ou administratifs, sont mobilisés pour endiguer cette augmentation.

- une vigilance forte sur la tenue des engagements des autorités comoriennes vis-à-vis des reconduites. Un accord cadre portant sur la coopération bilatérale doit être prochainement signé visant à stopper les flux des kwassas kwassas.

Une accidentologie en hausse sur le dernier trimestre appelle un constant maintien de la vigilance.

L’année 2018 se caractérise par une légère haussedu nombre d’accidents corporels (+7%) et de blessés légers (+16%) mais également une diminution du nombre de tués (3 vies épargnées) et de blessés hospitalisés (-31%).

Toutefois, le quatrième trimestre a été marqué par une augmentation de tous les indicateurs de sécurité routière notamment par une hausse de 21,67 % du nombre d’accidents corporels ainsi qu’une hausse de +25 % des blessés hospitalisés. Au cours de ce trimestre, deux personnes ont perdu la vie.

Le préfet appelle à la plus grande vigilance des usagers de la route. Les contrôles routiers organisés par les forces de l’ordre ont été intensifiés sur ce quatrième trimestre et vont se poursuivre en 2019.

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